A l’heure où j’écris ces lignes, je suis dans l’incapacité de retrouver le nom de ma « Gueule », celle qui figure également dans mon slide « teaser ». Nous l’appellerons donc « le Gardien du Lac »*. Ce qui en soit est la réalité. Retour en quelques lignes sur l’histoire qui entoure ce portrait.
En août 2020, en plein Covid, je pars faire comme chaque année mon trekking estival. Je démarre de Villefranche et enfourche mon VTT (avec ma remorque Aevon) pour me diriger vers Roanne, puis Vichy afin de rejoindre le GTMC. (Cette année là, mon périple en VTT fera 1200km – villefranche/Agde). Je passe par Volvic pour contourner le Puy de Dôme par les sentiers… plusieurs centaines de km plus tard, je me retrouve à longer le Lac de Servières. Un homme à l’allure rustre, chapeau sur la tête, s’avance vers celles et ceux qui s’approchent un peu trop des abords du plan d’eau. S’en suit une explication sur les raisons de sa présence : il « garde » le lac. Cette retenue d’eau doit être préservée le plus possible. L’ écosystème est fragile. C’est pourquoi notre gardien est présent tout l’été. D’autant plus que le sentier GTMC passe devant : randonneurs et Vttistes défilent.
Quelques minutes plus tard, après quelques échanges, nous tissons un lien d’amitié. Lien qui me permettra de le prendre en photo. Il n’est pas farouche. Mais je m’efforce toujours de réaliser un portrait sans contrainte et le plus bienveillant possible. Il me plaît. Il est rude, franc, ne cache pas sa haine de ceux qui ne respectent pas le lieu.
C’est la fin de journée. Il me propose de partager un verre et de rester pour bivouaquer. Hélas mon étape n’est pas bouclée. Après plus d’une heure, je le quitte pour parcourir les 15km restants. Avant de partir, je lui fais la promesse de lui faire parvenir ma photo.
Un ans plus tard, je repasse au même endroit et le recroise à nouveau, fidèle au poste. Il se souvient de moi, barbichette oblige. Hélas je ne pouvais venir avec mon tirage. De plus, il me sera impossible de lui montrer ma photo : l’endroit est isolé, aucun réseau ne passe. Je suis déçu. Je réitère ma promesse de repasser…
Avant de partir, je fis cette photo qui illustre parfaitement la magie des lieux.

Deux années s’écoulent : cette fois-ci, j’ai tout prévu. Dans ma remorque, un carton renferme un tirage A4 noir&blanc. Il est content. Moi aussi, de partager enfin ce portrait, cet instant de vie trois années auparavant. On prend le temps de discuter, de boire un coup, de partager.
Une fois encore, je ne fais que passer. Une étape, rien qu’une petite étape.
On se dit au revoir.
J’espère le recroiser lors de cette tournée des Gueules de France. Il a tant à me raconter…
C’est mon Gardien du Lac.
Le seul.
L’unique.



Bel hommage ! Tu as bien retranscrit le « coeur » de cet homme
Merci pour ce partage Dom
Merci Béa. Cet homme brut est entier. C’est ce qui fait sa force. Sa sympathie est en surface. Il faut juste ne pas se laisser impressionner par son allure. J’espère le recroiser pour ce grand tour. 😉