
Ce matin du dimanche 24 Août, je me suis décidé tardivement à parcourir en vélo les 5 km qui me séparaient du magnifique village médiéval d’Auvillar. Il est déjà 11h. Je profite du petit marché de producteurs pour faire quelques courses. C’est également le dernier jour du festival de Cinéma d’Auvillar « Etoiles et Vieilles Bobines ». Sous les anciennes arches cerclant la place du marché, q uelques tables sur lesquelles figurent des articles à vendre en rapport avec le cinéma. Un exposant m’aborde, intrigué par mon appareil photo. C’est ainsi qu’a débuté ma rencontre avec Olivier.
- C’est un argentique ? »
- Non, un numérique. Mais je sais, il ressemble à s’y méprendre à un argentique… ».
Immédiatement on évoque différentes marques d’appareils photo argentique. Lui était plutôt Canon. Moi Nikon. Promis, on ne s'est pas battu (il a toujours existé une rivalité entre les possesseurs de ces deux marques).

Lui, c'est Olivier, 67 ans. S'il connait si bien le monde photo, c'est qu'il a été photographe et a travaillé dans de grandes agences photos. Au départ, dans le milieu du sport. Il m’explique que par la suite, il est lui-même devenu iconographe, vendeur de photos et représentant de différentes agences photos de renom. Il s'occupait - par exemple - de récupérer les clichés de divers photographes pour ensuite les proposer à de grands médias à travers le monde. Tout devait aller vite. Internet n’existait pas. Certains clichés, pour paraitre dans les délais, voyageaient en taxi (nos coursiers d'aujourd'hui) ; pour ceux qui devaient être édité outre-atlantique, ils prenaient parfois le Concorde ! Il a travaillé pour différentes agences telles que Bios (nature et environnement) dont il a fini directeur ou encore pour l'agence Sunset (même domaine). Mazette ! De bien belles références !

Vous l'aurez compris, le parcours d'Olivier est riche et dense ; ça lui a permis de croiser de grandes personnalités, de créer parfois des liens particuliers avec certaines d'entre elles (jusqu’à une princesse, m'a t'il avoué !). Pour son job, il a longtemps résidé sur Paris. Puis, par la suite, pour des raisons personnelles et professionnelles, il a bougé, s'aventurant même jusqu'à la Méditerranée.
Puis finalement il y a quelques d’années, il a décidé de changer de vie. L'esprit des habitants et la qualité de vie dans le Tarn et Garonne l'ont séduit. Et c’est ainsi qu’il a posé ses valises dans les environs d'Auvillar et de profiter de la douceur de vivre de la retraite. Quelle belle idée ! :)
Je me mets à scruter son étal. J'y découvre du matériel photo (un très ancien projecteur de diapos, des flashs en lumière continue,…), des DVD de quelques grands classiques du cinéma, mais aussi des livres photos et des BD sur l’érotisme.

C’est ainsi que nous en sommes venus à sa passion de la photo. Et tout particulièrement celui du milieu « boudoir vintage ». Il me montre quelques clichés érotiques qu’il a réalisé et des expos qu’il a faite (vous pouvez le retrouver sur son compte instagram). On échange nos avis, nos impressions. Je comprends mieux la cohérence entre le contenu de son étal et sa passion photographique. Autre singularité du personnage, il a même créé un site web sur lequel il vendait de véritables Bas Nylons couture ("Les Nylons d'Oliv"). Ce qui nous ramène bien sûr à l'univers de la photo érotique...
Quand je vous dis que le personnage n'est pas banal.
Et encore, je ne vous dis pas tout 😉
Au détour d'un regard, un des livres qu’il propose à la vente attire particulièrement mon attention : celui d’Aubade.

Il reprend entre autre quelques unes des photos iconiques de la célèbre marque de sous-vêtements. Mais ce qui m’intéresse davantage, c’est qu’il reprend les - sans jeu de mots - « dessous » (ou plutôt les "backstages") des séances photos. En le feuilletant, tous deux faisons avec regrets le même constat : on ne pourrait plus concevoir de telles campagnes de communication de nos jours. Et pourtant les images étaient si belles, si délicates, si élégantes et sensuelles. Nous évoquons avec nostalgie une certaine époque où la liberté visuelle offrait une certaine fraicheur et légèreté dans le quotidien.

Puis une autre facette d’Olivier se dévoile. Il m’évoque son autre passion : les voitures de collection. Plus particulièrement, son Austin Mini qu’il a entièrement préparé. Imaginez un peu : plus de 250cv sous le capot ! Du 0 à 100km/h en 3.5 secondes !!! Cette singularité mécanique lui a valu de figurer dans une émission de Turbo et d’obtenir l’admiration de Cyril Drevet après que ce dernier au volant fut tout émoustillé par tant de sensations. Sur le tableau de bord, il ira jusqu'à lui laisser une dédicace élogieuse. Une fierté pour Olivier.
Il anime par ailleurs un compte Instagram très dynamique pour les amoureux d'Austin Mini.

La journée s’écoule doucement sur la place d’Auvillar. Il est déjà 17h et je perçois les prémices des préparatifs de la dernière séance cinéma en plein air qui aura lieu soir. Il temps pour Olivier de plier son stand.

La chaleur s'installe, l'ombre est un refuge
Côté vente, il l’avoue, c’est pas génial. Il repart avec la plupart des cartons qu’il a emmené, à l’exception de quelques DVD du classique du cinema et… d’un livre. Celui d’Aubade. Enfin, le mien ! Car je n’ai pu résister à l’envie de le conserver. A la fois comme souvenir de notre belle rencontre, mais aussi et surtout, pour son intérêt strictement photographique. Si si !😬
Une fois encore, un grand merci à Olivier d’avoir accepté de rejoindre mon projet Gueules de France.
Photos réalisées avec le FUJI x100vi (bah oui, j'avais pas imaginé faire autant de rencontre ce matin là donc j'étais parti léger)













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